Quel est le statut de la parole dans la société
africaine ? qui a droit de parler et quelle utilisation
peut-on en faire dans l'aide apportée à
un enfant ? Qu'est ce qu'un enfant dans une société
africaine ? voilà les questions auxquelles
nous essayerons de répondre à partir
de trois situations cliniques .
INCESTE , MIGRATION
ET ABUS SEXUELS
Cas N°1
M N jeune camerounaise est
arrivée en France il y a moins d'un an
chez Mme B qui se présente comme sa mère
naturelle, qu'elle aurai eu avec un Monsieur Antillais
, pendant qu'elle était étudiante
en France . Dans l'incapacité de l'élever
elle l'auait emmenée après sa naissance
au Cameroun chez ses grands parents qui s'en sont
occupés. . Une fois sa situation en France
améliorée , elle a décidé
de faire venir sa fille alors agée de onze
ans selon ses dires . Au prix de nombreux sacrifices
financiers , pour l'occasion la famille avait
décidé de déménager
dans un appartement plus grand pour que M N ait
sa chambre .
M N n'a pas la même version
des faits , elle n'est pas la fille de Mme B mais
sa nièce , elle affirme être venue
en France par décision de son oncle , suite
au décès de sa mère . Ensuite
elle déclare avoir treize ans et non onze
comme l'affirme Mme B . C'est à son départ
pour la France qu' on lui aurait donné
des consignes pour sa nouvelle identité
, elle devra désormais appeller Mme B maman
et non tanti , ensuite elle devra dire qu'elle
a onze ans et non treize , ces consignes lui ont
été dicté par son oncle .
Trois mois après son arrivée
en France , M N s'est présentée
spontanément à la police , accusant
Mme B de maltraitance car elle la grondait tout
le temps, l'interdisant de sortir l'insultant
et surtout elle l'exigeait d'apprendre ses leçons
par cœur tous les soirs . Et plus grave elle
était victime des attouchements sexuels
de Mr B pendant qu'elle dormait la nuit et aussi
il la regardait se déshabiller le matin
en l'absence de Mme B qui était à
l'hôpital pour accouchement .
A la suite de ces déclarations une enquête
a été ouverte conduisant à
une garde à vue de Mr B de quarante huit
heures , il ne doit son relâchement qu'à
la concordance de son témoignage avec celui
de son épouse , il reste néanmoins
mis en examen en attendant la fin de l'enquête
.Ses parents on demande de repartir à la
maison avec leur fille mais celle-ci leur opposa
un refus net déclarant qu'on lui aurait
fait trop de mal .Et ne veut plus aucun contact
avec eux : Ces événements vont créer
une tension dans le couple Mme B va soupçonnant
son mari des faits qui lui sont reprochés
: La famille du Cameroun ayant appris les faits
demande que Marie Noelle soit renvoyer immédiatement
au pays . Demande à laquelle ne pourra
répondre Mme B
Le juge ayant décidé un placement
de M N en famille d'accueil en attendant une médiation
possible : La question que se pose alors le service
social que va devenir cette jeune fille de Onze/treize
ans en France sans sa famille d'origine? quelle
est la réalité ou non des accusations
d'attouchements sexuels et de maltraitance ? à
qui appartient et qui est cet enfant ? c'est à
ce titre que le juge nous demande d'intervenir
pour une expertise et un éclairage culturel
.Que faire des paroles accusatrices qu'elle a
porte contre sa famille ?
Nous avons eu les entretiens avec l'ensemble des
protagonistes .Concernant les accusations d'attouchements
sexuels , selon Mr B , sa fille venant d'arriver
du Cameroun il rentrait dans la chambre , s'assurer
qu'elle était bien couverte de peur qu'elle
n'attrape le froid pendant l'hiver, il lui arrivait
alors de remettre la couette sur elle , pour bien
la couvrir. Mr reconnaît souvent avoir été
dans la chambre de sa fille un matin pour la prévenir
qu'elle était en retard à l'école
, en ouvrant la porte elle était malheureusement
en train de s'habiller . Mais il n' y avait la
aucun désir de voyeurisme.
Mme B reconnaît avoir été
sévère envers sa fille , mais dit-elle
c'était pour la protéger , une jeune
fille venant d'arriver du Cameroun n'avait aucune
raison de rester tard dehors dans une cité
dangereuse ou un jeune camerounais venait de se
faire assassiner .. elle jure toujours qu'elle
est la mère de M N, et met en avant tous
les sacrifices financiers qu'elle à fait
pour la faire venir en France ceci au détriment
d'une autre fille que son mari avait eu hors mariage
au Cameroun .
Pourquoi les accusations d'attouchements sexuels
, qui ont conduit à la garde à vue
du beau père ? s'agissait-il d'un fantasme
envers ce beau père ou un désir
de destruction de la famille ? M N était-elle
consciente des conséquences des accusations
qu'elle portait ? a t-elle voulu se venger de
sa nouvelle mère et de son mari ? sa famille
avait-elle perçue la difficulté
pour cette adolescente de vivre avec une vraie
fausse identité ?
La parole de l'enfant dans cette situation n'est
ni vraie ni fausse mais elle existe , l'essentiel
du travail consistera pour nous à comprendre
pourquoi elle a pu se produire dans un tel contexte
, et comment aider les uns et les autres a gérer
la nouvelle situation crée par l'énonciation
de cette parole qui a déstabiliser toute
un système familial .
M N se plaignait d'être
incomprise par nous ce qui la rendait triste .
J'était souvent perçu non comme
un thérapeute mais plus comme un Camerounais
voulant prendre le parti de ses parents . ce qui
m'amenais à rappeler que je suis dans une
position d'aide m'obligeant à écouter
la parole de tout le monde , et que ses parents
sont aussi dans la souffrance autant qu'elle .
Cas N°
2
Mlle X est une jeune fille d'origine Ivoirienne
, elle nous est adressée par l'Aide Sociale
à l'enfance de Paris , pour mutisme , violence
et agressivité envers ses copines.. Elle
dit avoir 16 ans en réalité elle
a l'air d'en faire plus.
Elle était régulièrement
battu par son père qui l'accusait d'avoir
de mauvais résultats scolaires , pour elle
son père voulait faire des choses avec
elle qu'elle ne désirait pas .Les faits
se passaient en l'absence de sa mère qui
était en cote d'ivoire .
Pendant les entretiens elle répétera
" je n'aime pas qu'on fasse des choses sans
mon accord …..moi c'est comme ça
vous comprenez ? j'acquiaisais , mais a aucun
moment nous ne décrivions l'objet en question.
Au retour de sa mère de Cote d'Ivoire nous
avons proposer une première médiation
familiale , qui a tournée trop court ,
sa mère ne comprenait pas l'insolence de
sa fille envers son mari , Mlle X désignant
son père comme ce type là , et jamais
papa n'y avait t-il pas déjà eu
une rupture de génération ? .
Suite au soupçon d'inceste et d'abus sexuel
qui pesait sur le père , notre médiatrice
obtint un entretien avec ce dernier , lui expliquant
la situation de souffrance dans laquelle se trouve
sa fille et les risques qu'il encourait si cette
dernière portait plainte devant un tribunal.
Son père déclara alors à
la médiatrice qu'il était prêt
à se mettre à genoux devant sa fille,
cette déclaration apparaissait comme un
aveu mais il n' y jamais reconnaissance officielle
d'inceste devant nous .
Cependant quelques jours après cette rencontre
, Mlle X vint nous voir pour dire que tout allait
bien , on a tout arrangé , il n' y a plus
de conflit : Nous n'en saurons pas plus . La médiation
nous a permis ici d'éviter une procédure
judiciaire.
CAS n°
3
C est une jeune ivoirienne de 17 ans , qui nous
est adressée par l'Aide Sociale à
l'Enfance , elle est dépressive et suivi
par une éducatrice .C…… est
née en Cote d'Ivoire et est venue avec
son grand frère rejoindre son père
en France à l'âge de 11 ans , sa
mère est restée au pays . Son père
professeur de français vit maritalement
avec une française .
Quelques temps après son arrivée
, un soir en l'absence de son frère et
de sa belle-mère , son père invite
C….. à s'asseoir sur ses genoux ,
baisse sa petite culotte et commence à
l'embrasser . Au départ elle n'était
pas consentante , mais plus tard à l'âge
de quinze ans elle prit plaisir au jeu et devint
l'amant de son père .Donc elle tombera
enceinte mais par un jeu de relations il réussira
à la faire avorter et lui demander de garder
cet épisode secret.
La situation se dégradera
quand à l'âge de seize ans C…..
aura un petit copain , son père prit de
jalousie , interdira à ce dernier d'appeler
chez lui et s'en prendra à sa fille, en
la brutalisant ,C racontera les faits à
sa copine le lendemain à l'école
, cette dernière rapportera les faits à
l'assistante sociale qui fera un signalement conduisant
à l'inculpation et l'incarcération
du père incestueux , malgré son
refus d'admettre les faits qui lui sont reprochés
Les malheurs de Cynthia commencent alors , désavoué
par son frère et sa belle mère qui
l'accusent d'être une garce voulant se venger
de son père . La communauté africaine
amis de son lui reprochera d'avoir mis en prison
quelqu'un qui par ses envois d'argent faisait
vivre toute la famille au pays : Sa belle mère
témoignera aussi de la rectitude de son
mari et de la légèreté de
C : Son petit copain mis au courant de la situation
se moquera aussi d'elle comme un fille incestueuse
:C…. tombe alors dans une grande dépression
, avec des envies suicidaires :
C'est dans cet état que les premiers contacts
avec C….. auront lieu avec nous . Si elle
a besoin d'être écouter , elle veut
surtout se rassurer auprès des adultes
de sa communauté qu'elle n'a rien fait
de mal, que sa parole soit validée , à
son frère qui lui dit que leur père
souffre beaucoup en prison elle rétorquera
je ne veux qu'une chose qu'il avoue ce qu'il a
fait ce à quoi ce dernier se refuse .
Un travail sera fait avec elle
pour reprendre contact avec d'autres membres de
sa famille en Côte d'Ivoire qui puissent
l'écouter , après de nombreuses
tentatives une lettre est envoyée à
un oncle qui répondra rapidement demandant
à C…. d'y aller pendant les vacances
avec son frère , ce qui a été
fait . Sur place les adultes ont condamné
les actes du père , ont même rassuré
C….. qu'un tel monsieur méritait
pire que la prison , mais l'émasculation:
C est revenue en France rassurée , son
père avait fait appel du premier procès
, il a nié les faits en insultant sa fille
, il a été condamné a douze
ans de prison .
Cynthia se porte mieux , elle a quitté
son copain , et continue à venir nous voir
pour nous informer sur sa situation .
Dans les trois cas les abus sexuels
se sont produit en l'absence d'un parent biologique,
dans un contexte d'émigration ils ne sont
pas nouveaux , Omar Sylla et collaborateurs avaient
remarqué des situations similaires dans
un contexte urbain au Sénégal ;
dans les trois cas la parole de l'enfant est soit
ambivalente, soit absente , soit dévalorisée
.. Quel enseignements peut-on en tirer ?
III statut de l'enfant et de
la parole.
Dans l'imaginaire populaire l'âge n'est
pas le seul critère pour identifier un
enfant, surtout pour les filles donc la puberté
signifie l'entrée dans l'âge adulte,
mais aussi la suresponsabilisation et l'entrée
en sexualité : Ce phénomène
est tardif chez les garçons qui peuvent
s'entendre dire lors d'une assemblée par
des personnes plus âgées tais toi
tu es encore un enfant même si ils sont
déjà des chefs de familles : IL
est donc difficile de définir les notions
de majorité ou de minorité dans
ce contexte . La majorité coutumière
est souvent précoce ( 14 ans pour les filles
) tandis que la majorité légale
est plus tardive (20 ou 18 ans ). Comment alors
appliquer le détournement de mineurs ?
Les enfants sont alors ceux qui peu de droit à
la parole , ou ceux dont la parole est réglementée
car les règles de communication entre personne
de sexe et d'âge différents sont
très strictes ,selon Tsala Tsala ( 1991)
" la prise de parole est régie par
les droits et devoirs des uns par rapport aux
autres . Parler signifie souvent conseiller ,
ordonner commander . La parole est un privilège
, un droit et un devoir éthique; ceux du
mari sur la femme , du parent sur l'enfant ,de
l' aîné sur le cadet du chef sur
ses sujets ....Aussi la parole de certaines catégories
d'individu est-elle habituellement disqualifiée
(enfants , jeunes , esclaves , étrangers)
. Sauf s'ils ont un statut particulier les investissant
d'un certain pouvoir (cas des jumeaux , des homonymes
etc …). Ce refus d'accorder une opinion,
un droit à la parole , est peut-être
la plus grande privation de droits pour un individu
, fut-il un enfant .
IV Que faire de la parole ? Pour
étudier les usages de la parole dans les
sociétés africaines nous inspirerons
de travaux de Geoffroy Bidima (1996) , pour qui
la palabre est mise en scène mise en ordre
de la parole , le lieu de la palabre obéit
à la loi du père .... La palabre
n'organise pas le face à face spectaculaire
entre les parties mais institue une médiation
symbolique à plusieurs entrées .
Chaque médiation aboutit sur une autre
médiation. Etudiant le processus de réconciliation
, il remarque Le vrai est parfois sacrifié
à la paix et l'on peut ainsi masquer certaines
vérités pour prévenir l'harmonie
sociale . Le pardon dans ce contexte n'est pas
une activité destiné à abaisser
l'homme mais à le réinsérer
dans la relation avec l'autre, souvent on ne donne
tort à personne mais on attribue le conflit
à un mauvais génie . Tout le monde
sait que c'est une manière de dire pour
ne pas blesser la partie accusée . On préfère
en cas de viol ou d'inceste , faire une palabre
et traiter cela en famille , ou l'honneur doit
toujours être sauf .. Bidima conclut en
remarquant que la palabre milite contre une vision
très pénale de la société
. A l'inverse de "surveiller et punir"
la palabre se caractériserait plutôt
par "discuter et racheter" Dr Mbassa
(1997°) observait dans l'une de ses publications
sur les abus sexuels en milieu rural que les adultes
préféraient régler le problème
en famille qu'engager des procédures judiciaires
V Paroles d'enfants et relation d'aide
Quel statut accorder à la parole de l'enfant
en sachant que cet enfant ne grandit pas dans
un environnement qui le pousse ou l'autorise à
parler ( donner son opinion) ? Quelle validité
accorder à la parole de cet enfant en sachant
toute la peur qu'il éprouve envers la société
des adultes et les possibilités de réprimande
qu'il court après la révélation
des faits ? la malédiction des parents
étant l'une des formes de rétorsion
les plus redoutées, effectuée sur
un jeune , elle signifie sa mort sociale .
Comment rassurer l'enfant que ses propos seront
pris au sérieux et qu'ils seront réparateurs
?
? Voila les défis auxquels sont confrontées
les psychothérapeutes intervenants auprès
de l'enfant Africain.
S'il n'est pas question de sacraliser la parole
de l'enfant , quelles précautions prendre
avant de l'écouter ou en l'écoutant
- Il convient d'entrée de jeu , d' éviter
toute généralisation , l'enfance
étant un domaine très large et diversifié
comme le disent Jean Pierre Rosenczveig et Pierre
Verdier il est difficile de mettre sur le même
plan l'enfant de sept huit ans , qui se plaint
de coup reçus et l'adolescente mettant
en cause son prof pour des actes que la morale
et la loi réprouvent et condamnent .
- Il faut prendre du temps pour écouter
l'enfant , il a besoin de temps pour parler ,
le traumatisme pouvant être révélé
des années plus tard après l'acte
.
- Prendre le temps pour écouter l'enfant
veut dire aussi se mettre au même niveau
, accepter de se faire interpeller , favoriser
essentiellement les éléments que
leur propre discours a met en évidence
- Si l'enfant ne peut pas parler , il peut s'exprimer
par écrit ou par dessin , ce qui est une
manière moins éprouvante de raconter
ce qu'il a vécu .
- La plupart des africains sont bilingues ou multilingues
, il faut tenir compte de la langue dans laquelle
l'enfant va exprimer son traumatisme , la tonalité
affective est différente selon que les
sujets sont acculturés ou pas . Plusieurs
travaux ont montré que certains patients
africains traumatisés racontaient ce qui
leur est arrivé en Français mais
pas dans leur langue maternelle porteuse de l'ordre
moral, la langue française pouvait aussi
être le symbole de la domination ou du mépris
(cf F fanon) . Inversement d'autres sujets trouvaient
plus facilement les mots dans leur langue que
dans le français ; ici l'usage d'un interprète
ou de quelqu'un parlant parfaitement la langue
maternelle de l'enfant peut être très
utile , il nous arrive en consultation de demander
à l'enfant en quelle langue il veut parler
.
- Prendre en compte le statut de l'accompagnant
, faut-il entendre l'enfant seul ou accompagné
de ses parents ? dans les familles où seul
l'adulte a le droit de parler il convient de faire
attention au compte rendu , que veut dire un enfant
seul devant l'adulte ? que peut-il énoncé
devant autrui ? ne reproduisons nous pas l'image
traumatisante de celui qui l'a violé ?
Dans une enquête au Niger les adolescents
expliquaient leur faible fréquentation
des structures sanitaires crée à
leur intention par la peur que les personnels
soignants leur reproche leurs comportements où
alors qu'ils aillent retransmettre leurs confidences
à leurs parents .
L'enfant peut-il mentir ? cette
possibilité n'est pas exclue , certaines
allégations de l'enfant peuvent être
dictées par un des parents en situation
de conflits ou de séparation . JP Rosenveig
et P Verdier juges d'enfant précisent à
ce sujet que si les termes utilisés par
l'enfant sont inadéquats par rapport à
son âge ou qu'un surcroît de détails
évoque une leçon apprise on peut
remettre en question son témoignage .
Nous devons faire la différence entre le
désir de l'enfant et sa demande .Souvent
l'enfant peut dire ce qu'il croit que nous lui
demandons , mais qui n'exprime pas son désir
qui est par exemple ne pas voir son père
condamner fut-il incestueux :
L'enfant a aussi le droit au
silence et à garder pour lui ses secrets
, vouloir à tout prix lui faire avouer
des choses peut s'avérer traumatisant ,
si l'enfant n'est pas prêt d'en parler .
Il nous paraît très
important d'étudier les procédures
de réparation et de prise en charge des
enfants et des victimes des abus sexuels et de
maltraitance , entre la pénalisation à
outrance et les formes de médiation par
la palabre utilisées dans les familles
africaines , il y a une troisième voie
à chercher . Plusieurs pistes sont a explorer
, organiser la formation des adultes tels que
nous l'expérimentons actuellement dans
le contexte de l'école des parents migrants
en France nous paraît une piste intéressante
: On pourrai imaginer de faire une campagne nationale
de prévention dans les écoles, les
cultes, … ou une journée de droits
des enfants basée sur les problématiques
locales etc : …
En définitive le rôle
du psychothérapeute est de créer
un espace rassurant pour l'enfant afin que le
moment venu il parle de ce qu'il veut quand il
veut et de ne pas répondre aux injonctions
pressantes des institutions judiciaires ou sanitaires
. Plusieurs fois nous avons suivi des enfants
victimes d'abus sexuels , lors des consultations
il nous est rarement arrivé d'aborder le
problème dès les premières
séances , il nous a fallu un long temps
de mise en confiance avec les adolescents , où
nous parlions de choses qui intéressait
ces patients , certains ont choisi d'évoquer
leur traumatisme, d'autres pas , nous n'avons
pas insisté, chacun de nous ayant droit
à son jardin secret , y compris les enfants
!
Bibliographie
indicative
- Bidima Godeffroy, La palabre
, une juridiction de la parole , Michalon 1997
- O Sylla , M Mbaye , A M Anne, I Mbaye Adolescence
et Inceste : a propos de deux cas d'hystérie
, Vie et Santé revue du reseau de recherche
en Santé de la reproduction en Afrique
N° 8, Juillet 1991
- Daniel Mbassa Menick , F Ngoh . La problematique
des enfants victimes d'abus sexuels en Afrique
ou l'embroglio d'un double paradoxe , l'exemple
du Cameroun ; séminaire International sur
les mauvais traitement des mineurs ; realités
Carastéristique , enjeux réponses
ISPACAN-AFIREM ( Cotonou 1O -14 Nov ) 1997
- Rosenveig JP , Verdier P , La parole de l'enfant
aspects juridiques , ethiques et politiques, Dunod
1999
- Tsala Tsala Jacques Philippe : Thérapie
familiale systémique et famille africaine
contemporaine ; le cas du Cameroun . Thérapie
familiale , 1991 , Vol 12 , N° 2
- Mamadou Djiré , Mohamadou GUEYE , Mamadou
Konaté . La sexualité des adolescents
au Sahel , Chronique du ceped, Avril -Juin 1997
, n°25 .
Ferdinand EZEMBE
Dr en Psychologie
Afrique Conseil , 55 , rue du chateau d'eau 75010,
Paris, France
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