Comment la violence psychologique est pensée dans les familles migrantes

Comment la violence psychologique est pensée dans les familles migrantes. in. M Gabel, S Lebovici, P Mazet éd . Fleurus Paris 1996. Maltraitance psychologique.

INTRODUCTION
Je commencerai mon exposé par ces propos d’une mère de famille immigrée « Ici , les parents n’ont pas tout à fait le droit de surveiller leurs enfants. Par exemple si je tape ma fille qui sort toute la nuit . Si je tape et qu’il reste des traces , j’ai pas le droit . Par exemple si l’enfant a été grondé , le prof il l’encourage à aller voir l’assistante sociale ou aller se réfugier dans un foyer. Alors on ne peut plus le contrôler ; on a peur , nos enfants peuvent faire n’importe quoi , on ne peut pas les gronder , et puis à l’école on leur donne beaucoup de droits , de liberté (Joffres,1994) .

Assistant au mois de novembre 1995 à un colloque sur la maltraitance , nous avions suivi avec beaucoup d’attention un éminent professeur de médecine parler des maltraitances motivées par le désir de bien faire des parents , il décrivait à titre d’exemple le syndrome du « bébé secoué » expliquant que le fait de jeter le bébé en l’air provoquait à terme des micros lésions neurologiques qui pouvaient nuire à sa santé. Je pensais tout de suite aux techniques de maternage de l’Afrique de l’ouest et à la description qu’en faisait Jacqueline Rabin à propos des femmes Wolof du Sénégal :les exercices au cours desquels l’enfant est lancé et rattrapé par la mère , ou bien encore est suspendu tête en bas , tenu par les pieds, sont conçus comme exerçant l’enfant au contrôle de ses réactions devant toute situation insolite (Rabin-Jamin, 1992 ) .

Travaillant auprès de populations migrantes africaines mais dans un contexte sociologique occidental voila le type de problèmes auquel nous pouvons être confrontés .Cependant notre expérience dans la formation et le conseil psychologique nous a montré qu’une grande partie difficultés rencontrées par les travailleurs sociaux et équipes médicales sont souvent dues à l’ignorance de la culture de leurs patients surtout quand il sont d’origine étrangère .Dans le cadre du présent article nous ferons d’abord une présentation de l’immigration africaine en France dans ses aspects sociologiques, ensuite nous parlerons de la violence dans les pratiques sociales, familiales, et juridiques africaines, nous terminerons par quelques aspects de la violence institutionnelle.

Sociologie des migrants africains
L’immigration africaine est relativement récente et mal connue en France. L’immigration de l’Afrique de l’ouest est la plus ancienne et la plus nombreuse. Elle provient de la région du fleuve Sénégal (Mali, Mauritanie , Sénégal ). C’est une immigration essentiellement d’origine rurale , islamisée et très peu scolarisée. C’est au sein de cette communauté que l’on retrouve les ménages polygames (ethnie mandé surtout ), et la pratique de l’excision (ethnie soninké). Les ressortissants de l’Afrique de l’ouest occupent généralement des emplois très peu qualifiés, cependant ils ont conservé le sens et la dignité des traditions africaines qui s’expriment par exemple à travers leurs tenues vestimentaires. Cette authenticité peut être attribuée à l’islam qui a joué un rôle conservateur pour les cultures africaines.
L’immigration d’Afrique centrale concerne surtout les ressortissants du Cameroun, du Congo, et du Zaïre. C’est une immigration d’origine urbaine , scolarisée et majoritairement chrétienne. L’organisation sociale de ces immigrés se rapproche du modèle nucléaire des familles occidentales. Cette acculturation est probablement due au processus de christianisation qui a eu lieu dans leur pays d’origine.
Dans la communauté africaine immigrée 22% seulement sont analphabètes , 60% ont eu une scolarisation jusqu’à l’âge de 20 ans , 55% ont terminé leurs études en France . Les africains sont les immigrés qui parlent le plus le français à leurs enfants contrairement aux migrants espagnols , maghrébins ou de l’Asie du Sud- Est (Tribalat,1995). Pour interpréter le comportement des patients africains il faut toujours prendre en compte trois facteurs discriminants : le premier est d’ordre géographique, il sépare les Africains de l’ouest de ceux de l’Afrique centrale ; le second est social, il sépare les Africains d’origine rurale de ceux d’origine urbaine , car il existe bien une culture urbaine en Afrique. Le troisième facteur est d’ordre religieux, il distingue les Africains islamisés de ceux qui sont christianisés .Chacun de ces facteurs a évidemment une influence sur la manière donc sera gérée la violence dans les pratiques familiales, sociales, éducatives et juridiques . Mais pour bien répondre à la question qui nous est posée nous procéderons d’abord par une analyse des processus éducatifs africains .

La place de l’enfant dans la culture africaine : des mères indifférentes ?
Dans les sociétés traditionnelles la femme enfantait pour faire plaisir à l’homme , à la société et aussi pour continuer à mériter le droit à l’existence ( Lolo , 1991) . Les femmes ne tenaient leur mariage que par le fait qu’elles avaient des enfants qui étaient pour elles un objet de négociation avec leur mari , faute de stratégie matrimoniale commune . Les jeunes Betis du Cameroun arrivés à la puberté se réalisaient par un acte de procréation . L’enfant était donc un objet de désir et à ce titre bénéficiait sans aucune restriction de la protection des adultes .
Le fait de confier l’éducation des enfants à des tiers est une vielle tradition en Afrique .Chez les Bamilekés du Cameroun , chaque femme avait un ndimon ( garçon ou fille aîné ) qui prenait l’enfant en charge dès qu’elle reprenait une activité normale souvent trois mois après l’accouchement . Le ndimon ramenait l’enfant à sa mère chaque fois qu’il fallait téter. A mesure que l’enfant grandissait , le ndimon devait prendre en charge l’essentiel des apprentissages de la petite enfance : propreté , habitudes alimentaires , activités ludiques , langage , marche . Warnier (1982 ) .Chez les Betis du sud Cameroun , les femmes s’occupaient de l’éducation des enfants jusqu’à l’âge du sevrage (deux trois ans ) à ce moment elles les confiaient à des adolescents qui les surveillaient dans la cour . Si on demandait à une femme Beti du Cameroun où se trouvait son enfant de trois ou quatre ans elle répondait presque toujours je ne sais pas , il doit être en train de jouer quelque part avec ses frères ( Mbala Owono ,1982) . L’objectif de cette pratique était de rendre l’enfant autonome , à connaître la vie du clan et de comprendre que le groupe familial ne comprends pas seulement le père et la mère mais qu’il s’étend à d’autres personnes. L’enfant africain n’est donc pas l’objet exclusif de l’amour de sa mère, ce qui ne veut pour autant pas dire qu’il s’agissent de mères indifférentes selon l’expression d’Edmond et Marie Cécile Ortigues (1993 ).

La violence dans les pratiques éducatives.
Nous distinguerons deux types de violences : les premières que nous définirons comme socio-pédagogiques font partie d’un projet de société et se retrouvent dans les rites d’initiation ou dans certaines formes perverties de l’éducation ( école coranique par exemple). Les secondes se manifestent par une intention sadique de l’acteur et peuvent faire l’objet de réprobation, c’est le cas de la sorcellerie ou de certains châtiments corporels démesurés .

Concernant l’éducation de l’enfant , dans les sociétés africaines il existe la croyance assez répandue qu’il faut préparer l’enfant à vivre dans un environnement qui sera hostile physiquement et psychologiquement (Ellein B ,Afamefuna 1986 ), c’est peut-être le résultat de l’histoire des Africains faite de rapts de la traite négrière, de l’esclavage , et plus récemment de la brutalité de la violence coloniale. Les châtiments corporels font donc partie de l’éducation normale des enfants , ils sont repris et légitimés par les autorités administratives , judiciaires et scolaires . Les parents qui ne le font pas sont considérés comme laxistes, voire démissionnaires. Selon un proverbe des Bassas du Cameroun si tu veux bien éduquer ton enfant traite le comme un esclave . Les africains considèrent que les punitions physiques ont une vertu pédagogique .
Dans les rites d’initiation Soo qui sanctionnaient le passage de l’enfance à l’âge adulte , chez les Betis du Sud-Cameroun , les candidats étaient soumis à divers sévices : l’édi soo ( repas d’une sauce amère , agrémenté de poudre d’excréments humains) , l’osob mis (lavage des yeux avec une plante potagère écrasée avec du piment ) , et enfin le mpkam ou passage à tabac, ce sévice se maintenait jusqu’à la mort symbolique ou réelle des candidats ( Mbala owono 1982.).. Dans les techniques de maternage des Bassas du Sud Cameroun  » l’enfant n’a pas à pleurer bêtement, a- t-il faim ? il n’a qu’à attendre son heure , vient- il à tomber brutalement ? on prétend qu’il l’a fait exprès pour prouver sa bravoure sa témérité .Ce compliment inattendu lui coupe le souffle , étouffe ses cris et écrase sa douleur , il n’est pas propre ? on lui en fait voir le caractère grotesque . Il en sera ainsi de toute faute , de toute erreur , de toute défaillance .On amènera toujours l’enfant à en saisir la gravité pour devoir s’en repentir  » ( Njami nwandi, 1982 ).

Chez les wolofs du Sénégal les mots éducation et bâton sont désignés par le même substantif : Yar (Ba, M .1995). Pour ne pas éprouver de sentiments envers leurs enfants les wolofs confiaient leur éducation à un oncle ou à un marabout car selon un de leur proverbe  » l’étranger n’a pas pitié » (Bara Diop,1985) . Les règles de pudeur Peuhles interdisent aux femmes d’afficher publiquement leurs sentiments envers leurs propres enfants ( Ba, H .1991 ).Chez les soninkés de la vallée du fleuve Sénégal en Afrique de l’ouest , la soumission, l’endurance , et la stabilité sont recommandées aux jeunes filles qui vont en mariage , le fait d’être battu par son mari ou d’avoir une co-épouse ne serait être une cause suffisante de divorce .

Les pratiques de violence sur les enfants prennent des formes plus graves en particulier pour les jeunes délinquants . Au Sénégal les enfants de la rue sont appelés encombrements humains . Michel Galy (1995 ) rapporte qu’ au Zaïre certains passants n’hésitent pas d’écraser leurs cigarettes sur le corps des enfants de la rue endormis pour disent-ils : leur apprendre a vivre .Ces enfants sont souvent chicottés (battus ) par les policiers avec science et cruauté comme un rituel pour exorciser leurs mauvais penchants .

La crise des rôles parentaux.
Au niveau de l’organisation sociale, l’éducation des enfants africains se passe aussi dans un cadre qualifié à juste titre de « parenté de crainte », dont voici quelques aspects : A la maison les enfants ne partagent pas les mêmes espaces que les adultes, ils ne peuvent pas contester les propos des adultes ou refuser leurs ordres et encore moins les regarder de face. les filles sont avec les femmes à la cuisine et les petits garçons sont invités à jouer à l’extérieur, les enfants ne connaissent avec leur père et mère qu’une relation de crainte et d’autorité, ils ne peuvent s’attendre à avoir un rapport affectif ou ludique (Barrou,1991) . Mais comment évoluent ces modèles traditionnels au contact du monde urbain dominé par les modèles éducatifs occidentaux transmis par les médias et le système scolaire ?.

Marie Chantal Cacou (1994) remarque qu’en milieu urbain les parents africains consacrent très peu de temps à leurs enfants , non par démission mais parce qu’ils doivent jouer un rôle auquel il n’ont pas été préparé, c’est à dire considérer leur enfants comme des partenaires égaux d’une part , mais aussi s’en occuper tout seul, contrairement au contexte traditionnel où l’enfant était sous la protection des adultes. D’autre part  » les parents africains ne sont plus sûrs des valeurs qu’ils veulent transmettre à leurs enfants « , les sociétés traditionnelles africaines proposent la solidarité , l’esprit communautaire, l’ honneur, l’intégrité, la pudeur , la société moderne propose l’individualisme , la compétition , la liberté sexuelle, etc… cette incertitude mêlée d’un conflit de valeur est souvent la source de nombreuses violences des adultes sur les enfants .

Dans une autre perspective plus analytique Lolo (1991), explique qu’en ville la femme et ses enfants assistent à la dégradation de l’image de l’homme, confronté à des difficultés économiques et luttant pour sa survie. Partant du fait que les femmes africaines ont vécu douloureusement l’attente d’un mari , elle pense que l’éducation de leurs enfants se fera dans un relatif contexte de violence psychologique. Ainsi les filles s’identifiant à leur mère , évolueront dans un désir de vengeance de l’homme qui a fait souffrir leur mère , elles auront tendance à humilier et posséder les garçons . D’autres essayeront de se mesurer intellectuellement aux garçons , mais constatant que la possession des diplômes n’entraîne pas forcément un droit à l’être dans les sociétés africaines elles évolueront alors vers des positions dépressives ou névrotiques. Selon un adage ouest africain « le diplôme n’est pas un mari » .Inversement les garçons dont l’identification à la mère est interdite seront élevés par ces dernières dans un double but: celui de la satisfaction procurée de faire attendre une autre femme, et celui de l’échec de leur belle fille . Le garçon est alors cette partie de la femme qui ne peut supporter d’être méprisée par une autre femme, vivant dans une espèce d’ambivalence; il est conscient de la haine des femmes mais aussi de leur désir ainsi il se méfie des femmes , qu’elle soit son épouse , son amante ou sa conjointe dans une recherche continuelle de réassurance il ne vit l’extérieur que comme menaçant et persécuteur.

Systèmes de croyances et violence
Le phénomène de la sorcellerie qui se caractérise par une intention sadique manifeste, offre le champs le plus intéressant pour montrer comment les violences psychologiques sont pensées dans les pratiques sociales .

La sorcellerie fait partie du système d’interprétation de la réalité en Afrique et dans l’immigration africaine en France , l’ethnopsychiatrie dans sa forme actuelle lui doit une grande partie de son développement . La sorcellerie peut se définir par deux dimensions : le fantasme d’anthropophagie nocturne et le syndrome de persécution. Décrivant le système de santé publique au Cameroun caractérisé par le manque chronique de médicaments dans les hôpitaux, et les mauvaises relations entre les patients et le personnel hospitalier, Bernard Hours (1985) anthropologue français parle d’un Etat sorcier donc la présence rend possible et pensable, la continuité d’une vision persécutive de la maladie partagée par les infirmiers et les malades, tous convaincus d’être victimes d’un mauvais sort qui les enferme dans un statut chargé de négativité et d’infamie. Jean François Bayart (1989) autre politologue français compare la corruption des hommes politiques africains à une anthropophagie, le gâteau national étant dévoré par les responsables politiques sans le partager avec leurs compatriotes c’est  » la politique du ventre « . Décrivant les rapports entre les citoyens africains et leurs dirigeants le romancier camerounais Yodi Karone (1980) parle du Bal des caïmans .
En quoi la sorcellerie est elle une violence Psychologique ? Levy-Bhrul cité par Suzanne Lallemand (1988) la décrivait déjà comme une qualité spéciale de l’émotion éprouvée qui fait que l’individu d’ une société véhiculant ce type de croyance sait aussitôt en présence de quoi il se trouve, cette intuition revêt les allures de la certitude tant lors du constat de l’agression que lors de l’identification d’un coupable . Pour Meinrad HEBGA (1979) la sorcellerie on y croit pas mais on en souffre comme le cite Eric de Rosny (1992) .Comment cette violence est-elle pensée et qu’est ce qui la rend possible ? Pour les africains aussi l’essentiel de cette violence est invisible le jour , on ne la voit bien que la nuit, pour paraphraser le petit prince de Saint Exupéry .

La violence psychologique peut se présenter sous forme de la maladie indigène, qui peut être une sanction de la société contre des individus ayant transgressé un interdit , les victimes peuvent en être conscientes ou pas ,l’intérêt de la cure est de les faire avouer ou reconnaître cette faute . Un enfant d’origine zaïroise né en France présentait des signes cliniques prochent de l’autisme, ses parents vinrent nous consultés plusieurs fois sans résultat , l’enfant semblait toujours coupé du monde et ne communiquait pas, au cours d’une séance le père déclara » je vois de quoi il s’agit « . En effet ils repartirent au Zaïre avec l’enfant afin de se marier selon la coutume (verser à la belle famille la dot ) réparant ainsi le préjudice causé à la belle famille qui s’estimait flouée. Au retour en France trois mois après l’enfant commença à prononcé ses premiers mots. Les anthropologues parlent alors des usages sociaux de la maladie , la menace de la sorcellerie ici est essentiellement conservatrice . Elle vise à faire respecter l’ordre établi, Lallemand (1988).

Le rite AKYAE ( espèce, sous entendu ngaga c’est à dire promesse – serment ) décrit par Berthe Lolo ( 1994 ) est un autre phénomène intéressant de violence psychologique dans les pratiques sociales. L’adulte qui a lui même été victime de ce rite attire l’enfant, en général une jeune fille de quatre ou cinq ans, dans un coin isolé, une impasse , pour lui transmettre l’évu ( substance sorcière définie en langue Beti du sud-Cameroun comme élément mobile et vivant dans le corps de certains hommes qui leur permet d’agir ( et en particulier de tuer ) à distance « ). Sous la menace l’enfant impuissant lui promet fidélité et indifférenciation par un pacte occulte dont voici quelques extraits  » le premier homme que tu épouseras, il n’aura plus ensuite qu’a mourir … Tu partiras en mariage sans pouvoir y rester, tu ne feras que vagabonder de cieux en cieux ou enfin tu mettras au monde dix enfants , mais tous mourront et ne donneront que pourriture, pourriture les enfants ayant subi ce viol psychologique seront mal dans leur peau , ne pouvant pas expliquer leurs tendances antisociales , d’autres seront toujours malades mais en aucun cas ne dévoileront ce dont ils ont été victimes de peur de perdre leur propre vie.
Par ailleurs certains enfants peuvent être victimes de lourdes négligences affectives voire d’abandon mortel de la part de leur mère, s’ils sont soupçonnés d’être des revenants c’est à dire: ceux qui naissent pour mourir (Lolo, 1991 ), les familles perçoivent alors ces enfants comme habités par un esprit malin donc envoûtés et menaçants, selon le Dr M’barga (1992) une telle perception peut être délirante et entraîner des sévices graves sur l’enfant .

Quelques spécificités de la maltraitance en Afrique
Le mutisme et la peur inconsidérée de l’adulte sont les signes les plus manifestes des enfants maltraités dans les sociétés africaines . Les observations faites par une équipe de chercheurs au Sénégal montrent que l’enfant maltraité n’a plus de pudeur, il devient un être silencieux , avec des troubles de la parole et de la communication , ne parlant plus de crainte de parler de ce qui est interdit , ou bien bégaie pour parasiter le message , la souffrance qu’il ne peut exprimer par la parole s’exprimera par des troubles psychosomatiques tels que troubles digestifs et des troubles alimentaires ( Seck , Ly Kane et al .1994) .

La maltraitance telle qu’elle est définie par les professionnels en Europe ne prend pas toujours les mêmes contours en Afrique . Les résultats d’une étude prospective de six ans faite au Sénégal semblent à cet égard assez intéressant ;les auteurs ( Sow , Mbaye, Benais,1994) remarquent très peu de violence sur les nourrissons , le syndrome de Sylverman surviendrai à un âge plus avancé . Par ailleurs l’étude des dossiers hospitaliers montrent que les victimes ont entre 11 et 15 ans (70, 45 %) , ils sont surtout de sexe masculin ( 57,95%) ,concernant la nature du trauma subi il y a très peu de sévices sexuels, par rapport aux coups et blessures, il y a une nette prédominance des lésions cranio- céphaliques (40,74%) . Une analyse du registre du tribunal montre cependant que les viols sur mineures sont les infractions les plus rencontrées .Au niveau des professionnels des institutions socio-éducatives, ils remarquent que 36% d’instituteurs reconnaissent encore qu’ils utilisent un châtiment corporel pour punir les enfants. Si l’étude de la législation Sénégalaise montre que celle ci est complète en matière de violence exercée sur les enfants . Une analyse plus fine révèle quelques imprécisions car cette loi autorise celui qui exerce la puissance paternelle à infliger corrections et réprimande dans la mesure compatible avec son âge et l’amendement de sa conduite- article 235 du code de la famille.

Cependant il convient de dire que dans les pratiques sociales africaines  » l’enfant est considéré comme un être sacré, les punitions corporelles sont bien délimitées , il est interdit de gifler , de toucher le sexe , d’agresser le visage, l’entourage intervient dans les conflits parents -enfants, si l’enfant se cache dans le dos d’un adulte il devient intouchable . On ne corrige pas un enfant devant les étrangers , si l’enfant se réfugie dans une famille voisine ,il est protégé du parent represseur et le dialogue s’ installe entre les adultes « (Seck 1994). Nous rappelons souvent ces principes dans nos pratiques de médiation. Mais que peut-il se passer dans le contexte de l’immigration en Europe où les portes du voisin sont fermées ? quand il n’y a pas d’adulte derrière qui l’enfant peut aller se réfugier ? la violence des parents qui était socialement contrôlée en Afrique peut souvent se déployer en toute liberté .

Les violences intra-familliales dans l’immigration.
La famille immigrée est une « famille en souffrance » car la transplantation entraîne des difficultés relationnelles avec le monde extérieur de la société d’accueil, mais elle entraîne aussi des perturbations manifestes dans le fonctionnement familial proprement dit (Scotto, Antoni. 1989). Pour survivre la famille immigrée se défend contre le monde extérieur qui lui est souvent hostile , cela implique alors la mise en oeuvre de mécanismes de défense qui malheureusement ne facilitent pas les relations interpersonnelles entraînant un état de tension permanent qui n’est rien d’autre que l’expression d’une souffrance , celle-ci peut être d’autant plus grande si les parents migrants sont condamnées par les structures de la société d’accueil alors qu’ils pensent agir pour le bien de leurs enfants, j’utiliserai quelques exemples pour illustrer nos propos .

– les femmes maliennes ayant pratiquées l’excision des jeunes filles africaines en France ne comprenaient pas pourquoi elles étaient condamnées alors qu’elles posaient un acte pour le bien des jeunes filles l’une d’elle déclarait  » vis à vis de la loi française, j’ai tort , mais vis a vis de ma famille, de mes ancêtres , j’ai pas tort et par rapport à ça je le fais …Car si les filles ne sont pas excisés elles ne peuvent pas se marier, on se moque d’elles ..Moi ça me gêne que les hommes disent qu’une fille non excisée est comme un garçon , ça fait du mal à entendre  » Marie -José Bourdin (1991 )

– le renvoi des enfants migrants au pays d’origine relève de la même configuration : confrontés à une déviance comportementale de leur enfants , certains parents africains pensent que le meilleur moyen de sauver ces enfants est de les renvoyer dans leur pays d’origine où ils auront un encadrement éducatif traditionnel leur permettant de retrouver des repères culturels, il s’agit pour eux d’éviter que l’enfant soit délinquant en France .Vu dans cette optique on peut comprendre qu’ il vaut mieux qu’un enfant soit libre dans le village de ses parents en Afrique que prisonnier en France. Cependant les professionnels des structures socio-éducatives voient souvent dans ce projet la souffrance psychique d’un enfant né en France dans un environnement riche, et devant vivre dans un milieu pauvre qu’il n’a jamais connu, ils feront alors tous les efforts pour placer ces jeunes dans les foyers afin de leur donner une autre chance de s’en sortir. De leur coté les parents ne comprennent pas qu’un enfant délinquant ne soit pas puni et surtout se retrouve dans des conditions éducatives ou il reçoit tout ce qu’il veut , ils se sentent alors déposséder de leur statut de parents . C’est ainsi que convoqué par un juge pour entendre les délits que son fils avait commis un parent africain déclara tout simplement « j’avais voulu le renvoyé au Sénégal vous avez refusé maintenant je ne m’en occupe plus « .

– En Afrique le stade de l’adolescence est encore mal définie , les jeunes passant directement du statut d’enfant à celui d’adulte. Dans les sociétés traditionnelles , pour les filles la puberté signifie l’entrée dans l’âge adulte. C’est dans cet esprit qu’intervient le mariage des filles mineures originaires de l’Afrique de l’ouest nées en France , les migrants de l’Afrique de l’ouest venant, comme nous l’avons dit de milieux ruraux africains. Ces mariages interviennent souvent vers l’âge de treize ou quatorze ans . Le mari dans certains cas habite en Afrique , est généralement plus âgé et choisi par les parents, sans le consentement de la jeune fille . Pour les parents il peut s’agir d’établir une alliance avec une autre famille , de renforcer l’endogamie, de prévenir la prostitution ou des grossesses hors union . En général il s’agit aussi d’un transfert de responsabilité, le futur mari et la belle famille étant chargés de continuer l’éducation de la jeune fille . Mais pour ces dernières, nées en Europe dans un contexte relativement libéral en matière de choix amoureux, il s’agit d’un mariage forcé avec de lourdes conséquences sur le plan psychologique conduisant dans certains cas à des depressions ou des suicides .

-Enfin la perception qu’ont les parents africains de la réussite scolaire de leurs enfants peut aussi être génératrice d’une double violence par un désir de bien faire ou une mauvaise utilisation des châtiments. La presse française fit écho un enfant africain maltraité en region parisienne, Il avait des traces de fouet et des brûlures au fer à repasser sur le dos . Convoqué par la police son père n’a pas compris de quoi il était accusé de son avis les mauvais résultats scolaires de son enfant justifiaient bien une telle punition . ( Ezembé, 1995)

Aspects de la violence institutionnelle
Des enfants Maliens interrogés en classe pour savoir quels étaient ceux qui parlaient leur langue maternelle, ont déclaré qu’ils parlaient le français à la maison avec leurs parents . Mais une fois sortis de la classe ils ont avoué à l’enquêteur qui était d’origine africaine qu’ils parlaient le Soninké ( langue de l’Afrique de l’ouest ) avec leurs parents mais qu’ils ne pouvaient pas le dire en classe (Timera,1995). L’école jouait alors à l’égard de ces enfants le rôle d’une instance de refoulement , de censure par rapport à leur identité culturelle . Cet exemple montre aussi comment les enfants migrants sont regulièrement soumis à des injonctions contradictoires qui pourraient constituer des situations de violence psychologique . Car d’un coté on leur demande de s’assimiller à la culture du pays d’accueil , de l’autre on leur demande de rester fidèle à la culture d’origine de leur parents .

D’autre part l’absence d’explication des objectifs du projet socio-éducatif des institutions scolaires peut aussi produire des effets contraires à ceux attendus .Ainsi des parents africains interrogés lors d’une enquête dans la région des Yvelines sur les rapports école/famille ( Joffes, 1994 ), déclarèrent qu’ils vivaient mal le fait que leurs enfants soient en Zone d’Education Prioritaire, ils percevaient cette situation comme une volonté de marginaliser leurs enfants et de les défavoriser, ce qui était de toute évidence l’objectif contraire de cette institution qui a plutôt pour but de donner plus de moyen et de chance à des enfants issus de milieux défavorisés.

La relation des migrants avec les institutions médicales est dans certains cas un lieu d’affrontement interculturel, la société d’accueil imposant aux migrants une vision unilatérale de la santé et des soins dans le mépris de certaines règles ethiques .On a ainsi constaté en région parisienne que certains médecins examinaient systématiquement les parties génitales des jeunes filles africaines, pour vérifier si elles n’ont pas été excisées pendant les vacances en Afrique « ils nous regarde toujours en bas » disent -elles (Bourdin, 1991). Or nous avons vu qu’en Afrique il est mal vu de toucher le sexe d’un enfant. On peut imaginer la violence que subissent les familles africaines ainsi confrontées à la toute puissante institution médicale. Il s’agit alors d’un cas de déni de l’intersubjectivité donc parlait le Professeur Mazet , les familles n’ayant aucun mot à dire sur les manipulations donc sont victimes leurs enfants. Excédées par ces comportements certaines femmes africaines boycottent les centres de protection maternelle infantile où ces pratiques sont courantes . Le souci de protéger (?) les enfants aboutit alors à la maltraitance des parents d’autant plus que dans certains cas, on fait peser sur eux la menace de suspendre leurs allocations familiales s’il s’avérait que leur enfant a été excisé . Plus grave encore est l’attitude du corps médical vis vis des patients africains, soupçonnés d’être porteur du virus du S I D A , ces derniers sont souvent soumis sans leur avis à un test de dépistage du virus H I V, ainsi que l’a revelé une enquête faite auprès du personnel soignant dans la region parisienne (Maman Moussa, 1993), l’un des médecins intérrogé déclarait calmement  » pour les africains cela ne pose pas de problème, comme ils ne comprennent pas , on peut le leur faire sans leur dire  » ce qui n’est pas vrai du tout car les africains intérrogés à ce propos disaient avoir peur du dépistage car cela leur ferai un souci en plus des difficultés matérielles et administratives auquelles il sont déja confrontés , ils se demandaient par ailleurs à propos du dépistage volontaire « Pourquoi aller volontairement , chercher l’annonce de sa mort prochaine « .

Enfin concernant l’accès au logement , une étude récente ( Bodin, Kouyate, 1995) a mis à jour le danger auquel étaient exposés les enfants africains issus de l’immigration sahélienne en région parisienne . D’abord quelques statistiques: la taille moyenne de ces familles est de sept à quinze personnes , 58% de ces familles vivent dans des logements d’une seule pièce , représentant un espace égal ou inférieur à 15 M2 . Les chefs de famille ont des salaires leur permettant de payer un loyer mais ils se heurtent à différents obstacles qui ne sont toujours pas justifiés. L’accès au logement et à l’habitat deviennent ainsi une violence psychologique institutionnelle. Les cas dramatiques sont ceux de foyers polygames où les co-épouses vivent dans la même pièce souvent séparée d’un drap ce qui est préjudiciable à l’équilibre psychologique des parents et de leurs enfants, les propos de ce père de famille sont assez significatifs Ici nous dormons devant nos enfants nous nous déshabillons devant nos enfants , nous faisons tout devant nos enfants , Pouvons-nous encore leur demander de nous respecter ? pouvons nous oser ? c’est une vie indigne ( Bodin , Kouyate, 1995). De ces conditions de vie il découle que la majorité de ces familles considère leur projet migratoire comme un échec, d’ou la vision pessimiste qu’elles ont de l’avenir de leur enfants. Voici quelques témoignages : Fatou mère de famille « nous sommes venus chercher le pain ici mais nous ne savions pas que nous allions y perdre nos enfants » Un père de famille  » nos enfants se sont éloignés de nous , regarde comme ils sont traités par la police ! et ils supportent ça ! si j’avais su je n’aurai jamais emmené ma famille en France .C’est pour cela que j’ai épousé une autre femme au village pour avoir une lignée en Afrique. Ici ces enfants sont perdus , ne compte plus sur eux « ( Bodin , Kouyaté , 1995). Plus ces individus perçoivent l’avenir comme difficile moins ils seront tendres dans les relations avec leurs enfants. Plus qu’une compulsion de répétition, la violence exercée sur les enfants migrants par leur parents pourrait s’expliquer par ce sentiment d’échec. Dans le même registre d’idée Zerdalia Dahoun (1995) a remarqué chez des migrants vivant dans des conditions de logements extrêmement précaires , l’existence de mutisme électif chez les enfants . Elle l’explique par la présence dans la maison d’un discours délirant et persécutif des parents, qui présentent l’extérieur et particulièrement les institutions du pays d’accueil comme menaçants et porteurs de mort , les enfants intériorisent alors cette méfiance et leur silence devient une manière de préserver leur bulle de survie , silence abri, une façon d’exprimer une hostilité, une distance, avec un monde qui vous refuse, silence frontière « .

Le syndrome du numéro vert : les parents maltraités et/ou maltraitants
Le souci de protection des mineurs exposés à des adultes violents est la philosophie des professionnels des structures socio-éducatives, juridiques et sanitaires. Notre expérience de psychologue auprès des populations migrantes montre que si ces mesures ne sont pas accompagnées voire expliquées, elles peuvent se retourner contre ceux qu’elles sont sensées protéger.
Cas N° 1 Monsieur C….migrant d’origine Malienne avait été convoqué au tribunal pour s’expliquer sur une maltraitance supposée sur son fils , il accepta de le faire à une condition que la confrontation se passe sans la présence de son fils ( nous avons vu qu’en Afrique les enfants n’ont pas le droit de contester les ordres de leurs parents, ni de les regarder de face), ce que le juge refusa. La confrontation eu lieu comme prévu entre le père et son fils, à la fin de la séance le père se leva et écrasa son siège sur la tête de son fils . Pour éviter de telles issues, certains parents préfèrent renvoyer leurs enfants en Afrique avant les audiences, plutôt que de subir ce qu’ils considèrent comme une humiliation de la part des institutions judiciaires du pays d’accueil .

Cas N°2 Monsieur K… intellectuel zaïrois vivant à Paris vint nous consulter à propos d’une situation vécue à son domicile .S’adressant à son fils aîné de six ans, il lui dit si tu fais encore des bêtises je vais te taper . Le dernier fils âgé de quatre ans qui a suivi la conversation lui rétorqua en France on ne tape pas sur les enfants ( Ezembé, 1995). Par rapport à ce cas la première question qu’on s’est posée était de savoir pourquoi ce jeune garçon qui n’a jamais été en Afrique fait une telle remarque à son père ? il apparaît à notre analyse ,que cela lui a été dit dans un contexte éducatif qui n’est pas celui de sa famille . La référence à la France veut dire qu’il y a eu opposition où dévalorisation avec autre chose qui pourrait bien être l’ Afrique compte tenu des origines de ce jeune garçon .La connaissance du numéro vert devient l’acquisition d’un nouveau pouvoir par les enfants issus de l’immigration. Ceux-ci profitant de l’ignorance de leurs parents s’octroient des espaces de liberté qui s’avèrent souvent préjudiciables aux familles et aux institutions chargées de la protection de la petite enfance. On aboutit alors au paradoxe où les parents sont privés d’autorité sur leurs enfants, de peur que ceux-ci ne fassent appel aux juges ou autres professionnels de l’aide sociale à l’enfance, ce qui conduit à une déparentalisation, les parents n’ayant plus aucun pouvoir moral sur leurs enfants.
Par ailleurs dans l’incapacité d’opposer un argument logique à leurs enfants, les parents africains se replient souvent dans une position violente ou démissionnaire, Marie-Claire Latreille (1991 ) expliquait à titre d’exemple que dans bien des cas, l’hostilité de la famille à l’égard de la société d’accueil sera exprimée non pas à l’égard de l’ enseignant mais à l’égard de l’enfant lui-même, en exigeant de lui une grande fidélité à son milieu d’origine .Malheureusement du coté de l’enfant il y a une dévalorisation de la culture d’origine de leurs parents , car il la vit sous un aspect violent or si la culture d’origine est dévalorisée, mal assumée, l’identité reste floue. Dans cette déchirure peuvent alors se glisser une violence tournée vers l’autre ou contre soi-même , un repli sur des repères simplistes (Yamgnane ,1995 ).
Il ne suffit donc pas de dire à un enfant en France on ne tape pas sur les enfants , ou de lui apprendre le numéro vert qu’ il pourra utiliser en cas de danger .Il faut aussi aider les parents à expliquer à leurs enfants pourquoi on doit taper ou ne pas taper sur eux ou bien qu’en France aussi il existe des fessées. S’il y a eu une grande réflexion sur les droits des enfants , le transfert juridique de cette charte ne s’est pas suivi d’un accompagnement, au mieux d’une explication auprès des parents . Le numéro vert, s’il n’est pas transmis avec des précautions nécessaires peut fragiliser, ceux qu’il est censé protéger. C’est ce que nous appelons Le syndrome du numéro vert

Conclusion
Comme nous le disions à propos de la maltraitance ( Ezembé, 1995) , nous pensons que la violence psychologique observée dans les pratiques familiales, sociales et juridiques chez les migrants en France est le résultat d’une interaction anormale entre la culture d’origine des parents , le projet socio-éducatif de la société d’accueil, et la recherche de la personnalité chez l’enfant .
Notre expérience au sein de l’association AFRIQUE CONSEIL montre que ce qui est implicite pour les psychologues et autres professionnels que nous sommes n’est pas toujours explicite pour le grand public . C’est ce principe que nous expérimentons actuellement dans le cadre de l’ école des parents migrants où les parents et les travailleurs sociaux discutent entre autres sujets des différentes formes de violences qu’ils peuvent exercer sur les enfants ou entre eux sans que ce soit volontaire. Que faire pour aider les professionnels des structures socio-éducatives , judiciaires et sanitaires pour repérer la violence psychologique ? je reprendrai volontiers la réponse du jésuite français Eric de Rosny (opt cité) interrogé sur l’efficacité de l’initiation qu’il avait reçu auprès des guérisseurs africains, il expliqua  » je reste sensible comme une sensitive aux conflits de groupe et je  » vois » plus que d’autres la maligne perversité des êtres  »


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